ANMONM

Association Nationale des Membres de l'Ordre National du Mérite

Promenade dans la vallée sainte de la Qadisha


Nous avons sollicité nos compagnons mais aussi les adhérents de la Renaissance française et des Anciens combattants de l’armée française au Liban pour une escapade dans la vallée sainte de la Qadisha.  Vingt personnes ont répondu à notre appel pour une journée ensoleillée et pleine de promesses.

De bon matin nous avons pris la direction de Chekka puis bifurqué vers Amioun, dans le district de Koura. Nous sommes passés sous les 25 ouvertures tombales de la nécropole romano-byzantine avant de nous diriger vers Dimane, le fief du patriarcat Maronite d’été depuis le 19ème siècle. Nous avons pu visiter l’église et admirer les œuvres peintes par l’artiste libanais Saliba Doueihy, des peintures pariétales à sujets différents dont Sainte Marina et un paysage représentant la vallée de Qannoubine et les Cèdres sur tout le périmètre supérieur de l’église. Nous avons pu admirer le sol entièrement de marbre. Après Dimane, nous avons traversé Hasroun puis à sa sortie nous avons pris la route sur la gauche qui descend dans la vallée de la Qadisha. Dans une enfractuosité de la falaise abrupte, au détour de la route, nous passons près de la crèche de Noël. Nous arrivons ensuite au hameau niché au fond de la vallée. Notre bus nous conduit au monastère de Saint Elichaa (Saint Elysée), mentionné pour la première fois au XIVème siècle, qui est partagé entre deux communautés : un ordre maronite et l’ordre des carmélites déchaussées. Deir Mar Elichaa possède une église contre la falaise et quatre petites chapelles construites à l’intérieur dans la caverne. A l’arrière de l’église se trouve la tombe du Capucin François de Chasteuil qui mourrut en 1644.  Nous redescendons avec le bus jusqu’au hameau et nous l’abandonnons pour prendre des vans qui nous conduirons jusqu’au restaurant de Abou Joseph. De là, à pied, nous marchons une bonne vingtaine de minute sur un sentier qui nous mène à un autre abrupte et difficile pour arriver au monastère de Notre Dame de Qannoubine, le plus ancien,  qui fut  durant 500 ans jusqu’au XXème siècle le siège du patriarcat Maronite. Il aurait été construit par Théodose le Grand, en partie  dans le roc vif. Vingt quatre patriarches s’y sont succédé. L’église du monastère est construite dans un creux de rocher. Exemple de simplicité et d’austérité, elle est rehaussée de peintures murales. La fresque la plus remarquable est celle du couronnement de la Vierge par le Trinité avec une inscription au-dessus en syriaque, tirée d’un passage du Cantique des Cantiques : “Viens du Liban, ma fiancée et tu seras couronnée”. Le monastère est occupé depuis 1992 par une communauté de religieuses antonines. En face du monastère, au sommet du versant, nous apercevons Dimane. Il existe un sentier qui dévale du Patriarcat jusque dans la vallée et qui remonte vers Qannoubine. Ce sentier s’appelle le sentier Sfeir en hommage au patriarche du même nom (né en 1920) et qui accomplissait, chaque 15 août à la fête de l’assumption de la Vierge, la descente  à pied pour aller prier au monastère de Qannoubine. Faute de moyens physiques il a cessé, à près de 80 ans, ce pélerinage annuel.

A l’est du monastère se trouve une petite grotte. Il est dit que c’est à cet endroit que se retira Marina en compagnie de l’enfant qu’elle avait adopté, pour”expier” la faute qu’elle n’avait pas commise. Dans la chapelle adjacente, il y a les corps  de 18 patriarches, du 15ème au 19ème siècle. Ce sont ceux-là dont parle un texte de 1660, disant que “leurs crosses ne sont qu’en bois, mais ce sont des évêques en or”.

Nous sommes ensuite retournés au  restaurant Abou Joseph qui nous a servi un repas pantagruélique où nous avons pu reprendre les forces perdues dans la visite de ces monastères. Puis retour vers le bus à l’aide des vans de Chez Abou Joseph. Nous avons repris la route vers  Bcharré que nous avons traversé ainsi que Ehden et Blaouza pour descendre ensuite au monastère de Mar Antonios Qozhaïya. On peut reconnaïtre quelques rares vestiges médiévaux de cet ensemble érémitique qui devint plus tard un très important monastère. La très belle église rupestre date de 1864. A côté se trouve une caverne où on enfermait autrefois les fous en guise de traitement thérapeutique.. C’est en 1585 que la plus grande presse d’imprimerie du monde arabe fut installée ici. Parmi les productions de l’époque, on note un Psaultier de 1610 imprimé en double colonne syriaque et karchouni (langues araméennes de dialecte sémitique). La presse qui est exposée aujourd’hui date de 1871. Qozhaïya est mentionnée dans des textes du 12ème siècle en tant que fief du Comte de Tripoli.

Cette très belle journée d’escapade spirituelle a été très appéciée par nos invités que  nous remercions vivement pour toutes leurs remarques de satisfaction. L’année se terminant bientôt, nous espérons faire d’autres escapades de ce type au printemps prochain.

    Robert Martin

Président(e) de la section

M. Rachid JALKH

Trésorier(e) de la section

Robert MARTIN